Six février 2010. L'appareil de Delta se pose sur la piste de l'aéroport de Kralendijk, capitale de Bonaire, petite île située au large du Venezuela, mais d'appartenance néerlandaise. Compte tenu des nombreux pépins qui se sont présentés tout au long de l'organisation de ce voyage, entreprise de nombreux mois plus tôt, la satisfaction que nous ressentons alors à poser enfin le pied sur l'île est immense.

À la sortie de l'aéroport, nous allons à la rencontre de Roland, le très sympathique propriétaire des appartements où nous logerons pendant la semaine. Dans sa jeep, il repart avec Philippe, Pierre et Alain, en direction d'une agence de location voitures : ils seront les conducteurs désignés des camionnettes qui nous transporteront aux différents sites de plongée pendant notre séjour. Une fois en possession des véhicules, nous nous rendons directement au marché faire une première provision de victuailles pour nos premières journées dans l'île.




Notre première impression est finalement celle que nous ressentirons à chacune de nos plongées ultérieures : le site est joli, mais compte tenu de la notoriété de Bonaire, nous nous serions attendus à plus. Bien sûr, on y trouve de nombreuses espèces de poissons et une très grande variété de coraux et d'éponges, mais pas plus à notre avis qu'à Cozumel par exemple. Et bien que les fonds de certains sites soient magnifiques, notamment ceux de Karpata et de Tori's Reef, d'autres régions des Antilles peuvent se targuer de recenser des sites aussi intéressants, sinon plus. Mais ce qui étonne le plus à Bonaire, c'est la rareté des poissons de bonnes dimensions. Les murènes foisonnent, mais elles sont généralement petites. Nous avons vu peu de mérous, et ils étaient de taille modeste également. Les requins nourrices et les raies se sont fait tout aussi discrets. À Bonaire, nous pensions apercevoir profusion de tortues, de pieuvres et de seiches. Certains en ont vus plus que d'autres, mais compte tenu du nombre de plongées effectuées par l'ensemble du groupe, nous aurions aimé faire ce genre de rencontres plus fréquemment. Quant à nos nombreuses tentatives de débusquer un hippocampe, elles ont été vaines. Peut-être, justement, avons-nous manqué de veine?


Cela dit, nous avons adoré plonger à Bonaire. Il a simplement fallu que nous adaptions quelque peu nos attentes à la réalité. Si certaines espèces se faisaient plutôt rares, d'autres par contre pullulaient. Outre les murènes, les anguilles tachetées étaient nombreuses, tout comme les poissons perroquets, dont certains atteignaient une taille impressionnante. À cette famille des poissons communs à Bonaire, ajoutons les balistes, les poissons-trompettes, les poissons-pierres et les poissons-coffres, entre autres. Et au cours des deux plongées de nuit que nous avons faits, nous avons eu le plaisir de nous faire accompagner par d'énormes tarpons. Malheureusement pour l'habitat sous-marin du coin, le poisson-lion a fait son apparition ici et là autour de l'île et risque de devenir une nuisance majeure à long terme, comme partout ailleurs dans les Caraïbes. Par contre, les autorités de l'île prennent le problème au sérieux;les plongeurs sont invités à placer une banderole de couleur (fournie par les centres de plongée) aux endroits où ils aperçoivent des lions. On espère ainsi être en mesure de mieux en contrôler la population.



Bonaire 2010

Nous prenons ensuite la direction de nos appartements. Une partie du groupe est logée au Fun Appartments tandis que l'autre est installée au Tropicana, situé tout juste à l'arrière du Fun. Les habitations sont simples et modestes, mais malgré tout chaleureuses. Quant aux proprios, Irène et Roland, ils s'évertuent à rendre notre séjour agréable. Ce que nous ne savons pas encore, par contre, c'est que les moustiques et les chiens occasionneront des problèmes de sommeil à certains d'entre nous pendant la semaine. Pour l'heure, cependant, nous sommes très heureux de pouvoir enfin nous préparer à plonger le lendemain matin.



À notre réveil, nous prenons le petit déjeuner, puis nous nous rendons au centre de plongée Dive Friends, où nous devons assister à une réunion d'information avant de nous soumettre à un court test de flottabilité obligatoire. Ces formalités remplies, nous faisons notre première plongée, juste devant le centre de plongée.

 


Somme toute, ce voyage à Bonaire aura été une très belle aventure. Nul doute que nous y retournerions si l'occasion se présentait. Avant de terminer, nous tenons à remercier Keith, Nancy et Bob qui nous ont invités à souper à leur hôtel et qui nous ont organisé une très belle plongée de nuit. Eux étaient logés au Buddy Dive Resort, excellent hôtel compte tenu qu'ils avaient payé sensiblement le même prix que nous. Nos sincères remerciements également à Nathalie qui a dû faire des pieds et des mains pour régler les différents pépins qui n'ont cessé de se présenter en cours d'organisation. Nous ne pourrions cependant mettre le point final au présent article sans présenter les membres de ce groupe fabuleux que nous formions : Éric, Jean-Pierre, Philippe, Denis, Louise, Renée, Pauline, Martin, Péguy, Alain, Linda, Pierre et Mario.

Notre aventure dans ce coin du monde ne s'est cependant pas limitée à l'exploration des fonds marins. Nous avons eu beaucoup de plaisir en surface également. La cohésion du groupe était parfaite, ou presque. Les soupers au resto, les déplacements en camionnette vers les sites de plongée, les repas à l'appartement et les rencontres sur la terrasse extérieure des appartements en soirée, tout en sirotant une bière, étaient autant d'occasions d'échanger et de décompresser loin de nos préoccupations quotidiennes.



Par ailleurs, nous avons pris beaucoup de plaisir à explorer les fonds à partir du rivage. Car c'est bien cet aspect de la plongée qui fait tout le charme de Bonaire selon nous. Nul besoin de se plier aux caprices d'un capitaine de bateau pour qui la priorité première est d'économiser de l'essence et de revenir le plus rapidement possible au quai pour enfin rentrer chez lui. Nous étions les maîtres de notre horaire et allions aux sites qui nous chantaient.


Il est donc facile de faire de nombreuses plongées pendant un séjour sur cette île, surtout si on plonge au nitrox. En effet, comme il y a peu à voir sous les 30 mètres, ce mélange est tout indiqué à Bonaire. D'ailleurs, pour encourager son utilisation, plus sécuritaire, tous les centres de plongée l'offrent au prix de l'air ce qui est un des nombreux atouts que l'on retrouve à Bonaire . Forts de cette information, plusieurs membres du groupe avaient suivi un cours avant de partir. Ainsi, en dépit des nombreuses plongées effectuées, jamais nos ordinateurs n'ont frôlé les limites de non décompression ou de surexposition à l'oxygène.

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