Playa Del Carmen

À peine le réveil-matin a-t-il sonné que nous nous précipitons à la fenêtre pour vérifier le temps qu'il fait, même si le sommeil nous conjure de garder le lit. Le soleil vient tout juste de franchir la ligne d'horizon, mais il est bien là. Rassurés, nous nous préparons et gagnons sans tarder la réception de l'hôtel où nous attendent les deux fourgonnettes qui nous conduiront à Punta Sam, quai de départ des bateaux pour Isla Contoy. Après une bonne heure de route, nous arrivons au quai en question. À notre grande surprise, des dizaines de touristes font le pied de grue près du quai où sont amarrés de nombreuses embarcations. Nous nous doutions bien que l'excursion serait prisée, mais pas à ce point. Nous aurions préféré une aventure un peu plus « intimiste ». Par contre, nous ne laissons pas cette situation refroidir notre enthousiasme pour autant. Au signal du responsable de l'excursion, tout le monde monte à bord des embarcations. Notre groupe est réparti sur trois bateaux. Au total, dix bateaux prennent le large avec à bord une dizaine de passagers chacun. Beaucoup de monde donc pour les quelque quatre ou cinq requins-baleines que nous aurons la fortune de croiser ce matin-là. Malgré la rapidité des bateaux, nous mettons plus d'une heure pour parvenir à destination, au large de l'île Contoy. À peine sommes-nous arrivés que le capitaine de notre bateau repère l'aileron d'un requin-baleine. À l'instar de plusieurs autres embarcations, il fonce séance tenante en sa direction.



Le Grand Occidental Xcaret, très vaste hôtel classé quatre étoiles et demi, est situé à une dizaine de minutes de voiture de Playa Del Carmen, centre touristique névralgique de Riviera Maya. C'est dans cette petite ville à l'essor (trop) fulgurant que se trouve l'excellent centre de plongée Phocea Mexico avec lequel nous ferons affaire. Avec Didier, le propriétaire, nous avons concocté un menu de plongée des plus varié et exquis : deux plongées à Playa del Carmen, quatre en cénotes, deux à Cozumel et, moment-phare du voyage, une baignade avec les requins-baleines près de Isla Contoy, au large de Cancun.


Compte tenu de la distribution géographique de tous ces sites de plongée et de l'emplacement de notre hôtel, de nombreux déplacements à bord de divers véhicules de transport sont à prévoir : camionnettes, autobus, bateaux, traversier, taxis, jeep et même voiturettes de golf! Les vacances ne s'annoncent donc pas très relaxantes. Mais qui a dit que nous allions à Riviera Maya pour nous reposer?


Lundi, lendemain de notre arrivée, aucune plongée n'est prévue. Sur les recommandations de Robert qui est venu à Akumal quelques mois auparavant, certains d'entre nous profitons du congé pour nous rendre à ce charmant village côtier afin de nager en compagnie des tortues. Nos espoirs ne sont pas vains, loin s'en faut, car le spectacle qui nous guette est tout simplement splendide! À notre grand bonheur, plusieurs tortues sont au rendez-vous, dont une de taille respectable qui héberge deux poissons-pilotes sur le dos. Quel plaisir de les observer s'empiffrer d'algues avant de refaire surface pour respirer, puis de s'immerger de nouveau. Notre présence ne semble guère les intimider, du moment que nous nous gardons de les approcher de trop près. Pour couronner ces délicieux instants de contemplation, nous faisons la rencontre d'une jolie raie pastenague, puis d'un superbe banc de poissons-chirurgiens. Mais comme le bonheur a tendance à s'avachir lorsqu'on l'étire trop, nous décidons de rentrer à l'hôtel, la tête et l'appareil-photos chargés de belles images.


C'est à Playa del Carmen même que nous ferons nos deux premières plongées, le mardi. Le matin, une fourgonnette dépêchée par Didier vient nous chercher directement à l’hôtel et nous amène au centre de plongée, avec tout notre matériel. Une fois sur place, notre groupe est pris en charge avec célérité et professionnalisme par le personnel de Phocea.

En conclusion, si nous devions décrire en un seul mot l'ensemble des plongées que nous avons eu la chance de faire à l'occasion de ce voyage à Playa Del Carmen, ce serait : « diversité ». Rarement a-t-on l'occasion de faire des plongées aussi variées au cours d'un même voyage. Un des participants du groupe a même parlé d'un « voyage tridimensionnel » pour évoquer cette diversité. Playa Del Carmen propose d'autres aventures intéressantes au plongeur averti, notamment une rencontre avec les requins taureaux et la visite d'une épave fréquentée par une cohorte de raies aigles. Avec l'île de Cozumel juste en face et de nombreuses autres cénotes à découvrir, la région mérite plus d'une visite. Alors, à quand la prochaine?


Avant d'apposer le point final au présent article, nous tenons à souligner le bel esprit de corps qui a régné tout au long de la semaine entre tous les membres du groupe, soit Adil, Annabelle, Charles, Réjean, Dale, Denis, Éric, Françoise, Jamila, Jean-Claude, Jean-Marc, Louise, Pauline, Zackia et moi-même. Notre prochain rendez-vous de plongée aura lieu à Roatan, en janvier 2012. Nous comptons sur votre présence!


Mario Plamondon



























Mercredi! Nous allons enfin tremper nos palmes dans la cénote Dos Ojos. Si certains plongeurs de notre groupe ont déjà fait l'expérience de ce genre de plongée, il s’agit d’une première pour plusieurs autres. Situé en pleine jungle, le site est très bien aménagé pour accueillir les plongeurs. D'ailleurs, quelques autres plongeurs et amateurs de snorkeling s'y trouvent déjà. Dos Ojos est une immense cénote dont il convient d'explorer en deux parties. Nous allons donc y faire les deux immersions de la journée. Après les consignes de sécurité qui s'imposent, nous partons en palanquées de trois ou quatre plongeurs accompagnés d'un guide à la découverte de la première section de la cénote. La fraîcheur de l'eau surprend un brin au début, mais on s'y habitue vite. Pour assurer la sécurité des plongeurs, un fil d'Ariane est installé sur tout le parcours. En cours de chemin, nous traversons de grandes salles immergées dont certaines se parent d'impressionnantes stalactites et stalagmites. La noirceur des lieux, la limpidité de l'eau et le jeu des lampes des plongeurs contribuent à créer une ambiance surréelle, mais enivrante. Par endroits, nous traversons une halocline, c'est-à-dire une couche d'eau composée à la fois d'eau douce et d'eau salée. L'effet est particulier, comme si notre vue était embrouillée. Arrivés à la sortie, nous sommes enchantés de la plongée que nous venons de faire, mais à la fois un peu déçus de la fugacité de l'expérience. Mais bon, il nous reste encore la section baptisée Bat Cave à découvrir, sans compter les deux autres cénotes prévues au programme de la semaine.



Un soleil radieux nous accueille à notre réveil le lendemain. À 7 h 30, la fourgonnette récupère le groupe et nous amène au centre de plongée. Au menu, une traversée à Cozumel où nous ferons deux plongées, dont une sur le récif de Palancar. Encore une fois, nous avons droit à un service impeccable de la part du personnel du centre de plongée, qui s'occupe de transporter notre matériel jusqu'au traversier, situé à une dizaine de minutes de marche pour nous. À San Miguel, sur l'île de Cozumel, nous montons à bord de taxis et roulons jusqu'à la marina où nous attend le bateau qui nous amènera aux sites de plongée. Aujourd'hui, c'est dans la partie appelée Palancar Caves que nous allons produire nos bulles. Nous nous jetons à l'eau pour entreprendre la plongée. Première constatation, la visibilité est très bonne, ce qui est de bon augure puisque le relief corallien à cet endroit est tout simplement ravissant. Le guide en tête, nous progressons lentement à travers les somptueuses cathédrales de corail. Comme à presque toutes les plongées que je fais à Cozumel, je ne peux m'empêcher d'avoir une pensée pour Cousteau grâce à qui nous pouvons aujourd'hui évoluer dans cette fabuleuse apesanteur aquatique. Était-il passé par cet endroit précis où nous nous trouvons présentement, il y a cinquante ans? Question superflue, il va sans dire. Si nous rencontrons peu de poissons au cours de cette plongée, à part quelques murènes, tortues et autres perroquets bleus, les formations coralliennes et les éponges, en revanche, sont magnifiques. Loin du brouhaha des villes et des tracas quotidiens, nous nous délectons paisiblement de la présence de ces féeriques structures organiques qui n'ont pas leur égal hors de la mer. Certes, nous aimerions poursuivre l'exploration plus longtemps, mais au bout d'une cinquantaine de minutes nous devons faire surface, au milieu d'une mer d'un bleu turquoise éclatant. C'est le bonheur!




À notre éveil, le lendemain, nous commençons à sentir que les vacances tirent à leur fin, mais rien pour contrarier la bonne humeur de tous et chacun. Pour cette dernière journée de plongée, nous regagnons la jungle à la découverte de deux autres cénotes. Contrairement à Dos Ojos, qui méritait deux visites à elle seule, nous plongeons cette fois dans deux cénotes géographiquement éloignées l'une de l'autre, soit Chikin Kan et Taj Majal. Dans les deux cas, les sites sont bien aménagés pour accueillir les visiteurs. Comme ces plongées s'apparentent de beaucoup à celles que nous avons faites à Dos Ojos, nous ne nous attarderons pas outre mesure à les décrire. Soulignons cependant que chaque cénote ayant ses particularités propres, celles que nous explorons ce jour-là se démarquent par les extraordinaires jeux de lumières bleutées que produisent dans l'eau les rayons du soleil qui traversent les interstices et les brèches qui se sont créées avec le temps dans la voute de la grotte. Magique! À ce chapitre, notre préférence va incontestablement à la cénote Taj Majal. Décidément, l'exploration des cénotes est une activité incontournable de la région de la Riviera Maya. C'est avec un petit pincement au coeur que nous remballons notre équipement pour la dernière fois.

Après cette éblouissante première plongée, nos attentes sont élevées et les risques d'être déçus de l'immersion suivante au site Punta Dalila le sont tout autant. Deux ans et demi plus tôt, nous avions fait deux plongées au même endroit et les rencontres que nous y avions faites nous avaient grandement emballés. Nous sommes donc confiants d'avoir de nouveau du plaisir à explorer ce site. Heureusement, l'avenir nous donne raison. Contrairement à la première plongée, la riche vie marine qu'on y rencontre vole la vedette aux formations coralliennes, qui demeurent somme toute spectaculaires. Si nous ne croisons aucune espèce de poissons pouvant représenter une nouveauté pour nous, la variété et l'abondance de ceux que nous apercevons compensent largement cette lacune. Encore une fois, nous faisons surface avec le sentiment d'avoir vécu une autre belle expérience. Le bateau nous ramène au quai, les taxis à San Miguel, le traversier à Playa Del Carmen, puis la fourgonnette à notre hôtel. Lorsque nous franchissons enfin le seuil de la porte de notre chambre, il est passé 18 h. Nous sommes épuisés et avons terriblement faim. Après avoir pris une douche rafraîchissante et enfilé des vêtements propres, nous prenons la direction du resto de l'hôtel avant d'aller siroter un verre dans le lobby, près de la rivière intérieure. Nous ne tardons cependant pas à gagner le lit, car nous devons nous lever tôt le lendemain matin pour l'activité que nous attendons tous avec fébrilité, nommément l'excursion aux requins-baleines.


Par la fenêtre de l'autobus qui assure notre transfert de l'aéroport de Cancun à notre hôtel, j'observe avec un vague sentiment d'inquiétude la pluie intense qui s'abat sans relâche sur la Riviera Maya. Et si, comme à Holguin il y a quelques années, il allait pleuvoir et venter toute la semaine? Au lieu de la dizaine d'immersions que nous avions prévu faire pendant la semaine, nous avions dû nous contenter de deux maigres plongées. Quelle déception!


Heureusement, ce n'est pas le cas cette fois. À notre arrivée à l'hôtel, le dimanche 5 juin 2011, la pluie tombe toujours certes, mais dès le lendemain midi, les lourds nuages sombres gorgés d'eau ne sont plus que des amas de ouate blanche dispersés dans un ciel dégagé. Heureusement car, pour que soit couronné de succès le type de voyage que nous avions planifié pour les onze plongeurs du groupe, il était impératif que le beau temps soit de la partie.


07/06/11

2 plongées à Playa Del Carmen - Tortugas et Barracuda

08/06/11

2 plongées cenotes Dos Ojos + Bat Cave

09/06/11

Journée requins-baleines

10/06/11

2 plongées Cozumel - Palancar et Punta Dalila

11/06/11

2 plongées Cenotes - Taj Mahal et Chikin Kan  

Puis, après les formalités et préparatifs d'usage, nous prenons place à bord du bateau qui nous attend sur la plage et mettons le cap sur un site appelé Playa Tortuga. Sans être particulièrement mémorable, cette première plongée permet tout de même à plusieurs membres du groupe de se dérouiller et de retrouver graduellement leurs automatismes de plongeur. Ayant déjà rencontré un hippocampe sur ce site une dizaine de mois plus tôt, nous espérions bien pouvoir renouveler l'expérience mais, manque de pot, aucun ne se laisse repérer. Si la faune habituelle est au rendez-vous - murènes, perroquets, grondeurs, barracuda - aucune rencontre spéciale n'a cependant lieu. La seconde plongée s’effectue sur un site baptisé Barracuda; celle-ci est carrément décevante. Heureusement, nous le saurons au terme du voyage, ce sera la seule plongée de la semaine à frustrer nos attentes.


Dos Ojos

Nous prenons une petite heure pour casser la croûte et échanger entre nous sur cette première plongée, puis nous nous immergeons de nouveau pour partir à la découverte de l'autre partie de la cénote, soit celle où se trouve la « grotte des chauve-souris ». Les salles de cette partie de la cénote ne sont pas aussi vastes que dans le cas de la première, mais les stalactites et stalagmites y sont plus nombreuses et féeriques. Nous arrivons assez vite à la fameuse grotte où nous faisons surface quelques instants pour contempler la voûte constellée de stalactites ainsi que les chauves-souris qu'elle abrite. Puis, nous replongeons. En certains endroits, les passages sont plus étroits, ce qui ajoute à notre illusion d'être de véritables explorateurs. Pendant le trajet, les palanquées se croisent à quelques reprises. Pour notre part, nous continuons de progresser, en file indienne, jusqu'à la sortie. Cette section de la cénote semble avoir davantage plu à la majorité des plongeurs du groupe que la première. Ravis, nous remballons notre matériel et  rentrons à l'hôtel reconduits par nos guides de plongée.


Cozumel

Isla Holbox

Ici, il importe d'ouvrir une parenthèse pour expliquer la technique assez singulière préconisée pour faciliter la rencontre des nageurs avec les requins-baleines qui, s'il ont de bonnes chances de demeurer en surface, ne freineront pas pour autant leur course. Le bateau se place dans la trajectoire prévue du requin et s'immobilise en perpendiculaire à une centaine de pieds de ce dernier. Deux personnes accompagnées d'un guide se jettent alors à l'eau et se précipitent sans tarder vers le requin. Parvenues à sa hauteur, elles nagent vigoureusement à ses côtés pendant un certain temps avant de céder leur place à une autre palanquée. Puis elles remontent sur le bateau en attendant leur prochain tour.


Faisant appel à cette technique, tous les membres du groupe ont l'occasion à tour de rôle d'escorter l'un ou l'autre des requins-baleines à trois, quatre ou cinq reprises. L'expérience est indubitablement grisante. Comment ne pas frémir d'allégresse devant la bouche béante de ce docile géant des mers? Comment ne pas succomber au ravissement que suscite l'étroite proximité avec ce majestueux goliath? Parce qu'il faut se mouvoir rapidement dans l'eau pour soutenir la vitesse de croisière du requin-baleine, l'activité prend une dimension physique inattendue, mais enivrante. Nous espérons pouvoir nous jeter encore maintes fois à l'eau et renouveler à satiété ces contacts étroits avec ce fabuleux poisson, mais l'activité prend abruptement fin. Il n'y a plus aucun requin en vue et, de toute façon, le temps imparti pour l'activité est écoulé. Nous faisons donc demi-tour, non sans faire une halte de quelques heures à Isla Mujeres pour visiter l'île à bord de petites voiturettes de golf et déguster un copieux repas en bordure de mer.